Pour une pratique en santé mentale basée sur l’exercice des droits et l’appropriation du pouvoir

MONTRÉAL, le 7 octobre 2015 – L’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ) lance un appel à tous ceux et celles qui veulent que l’exercice des droits et l’appropriation du pouvoir soient les assises de la pratique en santé mentale.

C’est le propos de la toute dernière publication de l’AGIDD-SMQ intitulée «Pour une pratique en santé mentale basée sur l’exercice des droits et l’appropriation du pouvoir : De l’advocacy au rétablissement, la dérive des mots».

Dans un premier temps, ce document définit et situe dans leur environnement politique, social et légal les principaux concepts en santé mentale tels que portés, à l’origine, par des mouvements de défense des droits des personnes : l’advocacy, l’empowerment, l’appropriation du pouvoir, le recovery et le rétablissement. Par la suite, il décrit la dérive de ces concepts et analyse l’impact de cette dérive sur les droits des personnes.

«L’empowerment, l’appropriation du pouvoir, l’exercice des droits de la personne et l’action collective sont actuellement éclipsés par le dogme du rétablissement», constate Doris Provencher, directrice générale de l’AGIDD-SMQ.

«Le concept de rétablissement, synonyme au départ d’un mouvement de libération et de participation citoyenne créé par les personnes vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale, est soudain devenu le modèle de pratique psychiatrique et des acteurs politiques. Mais des modifications majeures ont été apportées au concept original : l’approche individuelle est consacrée, la reconnaissance de sa « maladie mentale » est devenue une condition sine qua non, les psychotropes sont privilégiés, l’exercice des droits est occulté. Le  rétablissement n’est plus une démarche qui appartient à la personne, mais plutôt un plan de traitement avec des étapes à réussir pour pouvoir se rétablir», de se désoler Mme Provencher.

C’est pour toutes ces raisons que l’AGIDD-SMQ propose que la réalisation des droits  humains et l’appropriation du pouvoir deviennent les balises incontournables de la pratique en santé mentale.

«L’appropriation du pouvoir se base sur le respect de l’exercice des droits fondamentaux contenus dans les Chartes québécoise et canadienne. Ces droits assurent la participation active de la personne dans les décisions qui ont un impact sur sa vie.  L’appropriation du pouvoir est un processus et non une pratique. Il n’y a pas de résultat à atteindre. La personne change et prend du pouvoir sur sa vie», de conclure Mme Provencher.

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