La mission du Curateur public compromise, déplore le personnel de l’Institution ainsi que les organismes de défense des personnes inaptes

Québec, le 16 septembre 2016 – Le personnel du Curateur public représenté par le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et celui des organismes de défense des personnes inaptes réclament solidairement l’abandon d’un plan de restriction budgétaire et de tarification qui menace la mission de l’Institution. Dans un document interne du Curateur public intitulé : « Protéger autrement », la direction de l’organisme envisage de sabrer les mandats pour pallier le manque de personnel et songe à introduire de nouvelles tarifications.

« Pour répondre aux mesures d’austérité, on propose noir sur blanc de délester des tâches administratives vers les familles, de réduire les mécanismes de surveillance et de contrôle, d’introduire une privatisation de la mission et d’augmenter les tarifs. Cette proposition est inacceptable. Il s’agit d’un aveu de l’incapacité du Curateur public à remplir sa mission : protéger les personnes inaptes », dénoncent les différents organismes.

Le SFPQ constate qu’au fil des ans, le personnel qu’il représente n’a cessé de diminuer. Entre 2004 et 2015, le personnel de soutien du Curateur public a chuté de 15 %. En revanche, le nombre de personnes sous régime de protection a augmenté en moyenne de 1,5 % par année depuis le début des années 2000 allant jusqu’à 2,7 % certaines années. « Il y a dix ans, le personnel était déjà surchargé et en nombre insuffisant. Il faudrait embaucher plus de 150 nouvelles personnes pour répondre aux besoins. Mais pour le moment, la direction propose de n’avoir que 35 postes à temps plein. Les ressources sont insuffisantes et les retards s’accumulent. À moins d’investir dans son personnel, le Curateur public devra se délester de certaines missions au détriment des plus démunies de la société », constate Christian Daigle, président général du SFPQ.

Satisfaire aux visées budgétaires du gouvernement ne rime pas avec des services centrés sur le bien-être des personnes et s’éloigne du but des services personnalisés, déplore l’Association pour la défense des personnes et de leurs biens sous curatelle publique. « Est-ce que le Curateur public, travaille pour ou contre ses bénéficiaires? Selon nous, les structures doivent en premier lieu être révisées et améliorées vers une plus grande transparence, la surveillance indépendante externe et l’imputabilité renforcée avant d’assumer des coupes impliquant inéluctablement une réduction des services », se questionne Ura Greenbaum, directeur de l’Association.

Selon le document interne « Protéger autrement », obtenu par le SFPQ, le Curateur public a l’intention d’augmenter les tarifs existants et d’ajouter de nouveaux tarifs pour maximiser ses revenus. Le Curateur justifie ces projets en référant au principe général de la tarification des services gouvernementaux, c’est-à-dire que chaque tarif doit correspondre, soit aux coûts de revient, soit à des tarifs comparables sur le marché.
Considérant que le tiers des personnes sous régime de protection publique vit un problème de santé mentale, l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ) est indignée. « Ce que propose le Curateur est une atteinte profonde aux droits des personnes sous régime de protection, en plus d’ouvrir la porte au démantèlement de cette institution. La lutte à l’austérité chez le Curateur public se fait sur le dos des plus démunis de notre société, voilà qui est carrément honteux! J’aimerais voir le Curateur public, Me Normand Jutras, travailler à renforcer le filet de protection des personnes, non pas l’affaiblir », s’offusque Doris Provencher, directrice générale de l’AGIDD-SMQ.

Les organismes réclamant un réinvestissement dans les effectifs et le maintien des missions du Curateur public sont les suivants : Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), l’Association pour la défense des personnes et de leurs biens sous curatelle publique, l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ), l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR).

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SOURCE :Éric Lévesque
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