Longueuil, 15 mai 2019 – Une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel du Collectif de défense des droits de la Montérégie (CDDM) et de l’Association des groupes en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ) dans le cadre du rassemblement soulignant la 4e Journée nationale Non aux mesures de contrôle. Réunis à l’Esplanade du Métro Longueuil, plusieurs manifestants ont pris la parole pour revendiquer la mise en place rapide de mesures de remplacement à l’isolement et à la contention ainsi que pour le respect des droits des personnes qui subissent ces mesures de contrôle.

Le rassemblement était le point culminant d’une campagne de sensibilisation que le CDDM a tenu sur les médias sociaux en diffusant des capsules de témoignages de personnes ayant vécu des mesures de contrôle (isolement, contention physique ou contention chimique). Les mesures de contrôle ne sont jamais thérapeutiques et occasionnent des traumas chez les personnes qui les subissent, mais aussi sur les soignants qui les appliquent. «Le Ministère promettait, en 2002, d’en arriver dans les meilleurs délais à réduire, voire à éliminer les mesures de contrôle, sur la base d’expériences probantes. Dix-sept ans plus tard, bien qu’il existe des alternatives ici et ailleurs dans le monde, peu de progrès ont été faits et ce, au détriment des droits des personnes. Pire encore, les données récentes de notre Association démontre la mise en place de mesures de contrôle déguisées qui contournent les prérogatives de la loi», d’expliquer Gorette Linhares, agente de communication à l’AGIDD-SMQ.

Du côté de la Montérégie, cette année encore, les données varient énormément d’un établissement à l’autre voire au sein d’un même CISSS. Les méthodes de calcul ne sont pas nécessairement standardisées et les chiffres ne sont pas compilés selon les secteurs. Comme nous avons constaté que les mesures de contrôle appliquées en psychiatrie sont parfois déguisées ou nommées autrement afin de se soustraire au protocole et aux obligations, comment s’assurer que les chiffres reflètent la réalité? «Nous demandons à nouveau des mesures concrètes de la part des CISSS de la Montérégie. Comment changer les pratiques et atteindre l’objectif d’élimination si les établissements ne sont pas capables de comprendre et d’expliquer de tels écarts dans l’application des mesures de contrôle? Un outil standard de compilation des mesures de contrôle permettrait aux CISSS de suivre leur propre évolution et d’initier, poursuivre et bonifier les mesures alternatives», déclare Nancy Melanson à la co-coordination CDDM.

Au CISSS – Montérégie Est
À l’hôpital Pierre-Boucher, en psychiatrie, il y a eu 178 mesures de contrôle appliquées en 2018-2019 pour 39 lits. À l’hôpital Honoré-Mercier de St-Hyacinthe, c’est 41 mesures de contrôle appliquées pour 50 lits. Quant à l’hôpital Hôtel Dieu de Saurel, pour 17 lits, on constate 67 applications de mesures de contrôle.

Au CISSS – Montérégie Centre
Selon les données que nous avons reçues, il y a eu 243 mesures de contrôle appliquées à Charles-Lemoyne et 73 à l’hôpital du Haut-Richelieu.

Au CISSS- Montérégie Ouest
Malgré notre demande d’accès à l’information acheminée au CISSS-MO à la même date qu’aux deux autres CISSS de la Montérégie, le CISSS-MO n’a pas été en mesure de nous fournir les données dans les délais impartis par la Loi d’accès à l’information. À ce jour, nous n’avons malheureusement pas reçu les données pour l’hôpital Anna-Laberge de Châteauguay et l’hôpital du Suroît de Valleyfield.

«Nous espérons que les capsules diffusées sur les médias sociaux suggèrent clairement aux diverses directions et Ministères de l’importance d’impliquer plus tôt que tard les personnes qui sont visées par de telles mesures afin de bien comprendre les impacts réels sur ces dernières. Et ce, dans le cadre même de leur hospitalisation. Nous pouvons croire que les changements administratifs, les diminutions de ressources dans le réseau de la santé et le manque de personnel ne soient pas étranger au fait que ces mesures soient encore utilisées pour contrôler les comportements indésirables ou bien à titre de représailles. C’est le genre de réalités qui nous sont livrées régulièrement par les personnes dans ces contextes de «soins». Si nous souhaitons changer les pratiques, il nous faudra défaire certaines conceptions à l’égard de leur mise en application.», a poursuivi Monsieur David-Alexandre Grisé, co-coordonnateur du CDDM.

Dans le cadre de cette journée nationale, différentes actions d’appui ont lieu un peu partout au Québec alors qu’est porté fièrement le symbole de l’événement, un ruban blanc exprimant la non-violence, sur lequel est apposé une attache automatique noire de type Tie Wrap laquelle incarne l’oppression. Le 15 mai a été choisi Journée nationale en mémoire du jour de l’entente liée au recours collectif contre l’hôpital du Suroît.

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Source : CDDM & AGIDD-SMQ

Information :
Nancy Melanson et David-Alexandre Grisé, co- coordination du CDDM, 450 684-2504
Gorette Linhares, agente de communication ’AGIDD-SMQ, 438 502-2728