La question des médicamautre-cote(couleur)ents de l’âme (psychotropes) est au cœur de la pratique psychiatrique et occupe une place prépondérante dans la vie des  personnes qui en consomment.

Socialement, la pilule est perçue aujourd’hui comme LA réponse à la souffrance. Dans les faits, les médicaments de l’âme ne diminuent pas toujours les symptômes qu’ils sont censés traités et occasionnent de nombreux effets indésirables. De plus, trop souvent, l’expertise médicale occulte celle de la personne, au détriment du respect de ses droits et de ses décisions.

Les personnes utilisatrices sont les mieux placées pour discuter des effets de la médication dans leur vie; elles désirent partager leurs craintes, leur appréciation, leurs désirs, leurs points de vue sur le traitement qu’on leur propose, sans être perçues comme étant réfractaires, peu collaboratrices, difficiles, ou inaptes. Prendre en compte la place de la médication, c’est informer les personnes concernées sur leurs médicaments, leurs droits et recours, mais c’est aussi leur ouvrir un espace de dialogue.

Bien que la médication soit au cœur de la pratique psychiatrique, les personnes qui consomment des médicaments de l’âme obtiennent trop peu d’informations sur ce qu’elles consomment et sur leurs droits à l’égard de la médication. Cela contrevient au droit à l’information ainsi qu’à l’inviolabilité de la personne et de son intégrité (Charte des droits et libertés de la personne du Québec) et au droit au consentement aux soins (Loi sur les services de santé et les services sociaux; Code civil du Québec).

Depuis sa fondation, l’AGIDD-SMQ s’implique pour que les personnes utilisatrices soient mieux informées. Ainsi, l’AGIDD-SMQ est coauteure du «Guide critique des médicaments de l’âme», en collaboration avec Monsieur David Cohen et Madame Suzanne Cailloux-Cohen, qui a été publié aux Éditions de l’Homme en 1995.

À la demande de personnes utilisatrices de services en santé mentale, l’AGIDD-SMQ a par la suite, à partir du Guide critique, élaboré le programme de formation L’Autre côté de la pilule, en septembre 2000. Une 2e édition a été lancée en novembre 2011.

Cette formation favorise l’appropriation du pouvoir des adultes vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale à l’égard de leur médication et de leurs droits. Elle se veut également une démarche visant l’acquisition de connaissances sur les médicaments psychotropes et la compréhension de leurs effets.

Aussi, l’AGIDD-SMQ et le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ), en collaboration avec le groupe de recherche ÉRASME, a produit un guide qui décrit un modèle de pratique alternative, la gestion autonome de la médication de l’âme (GAM). Ce guide est un outil pratique pour les personnes qui se posent des questions sur leur médication psychiatrique et ses effets sur leur vie.

Produite en 2003, la publication «Gestion autonome de la médication : Mon guide personnel» est en cours de révision.

 

Pour aller plus loin :

Mythes en droit de la santé mentale : enjeux sociaux et juridiques