Rimouski, 1er avril 2019- Le CISSS du Bas-Saint-Laurent est en lice pour recevoir un prix peu convoité, soit le prix Citron de l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ).

L’Association en a contre la décision du CISSS BLS d’obliger les employés d’entretien ménager – sous peine d’amendes et de sanctions – à intervenir en cas de «code blanc», une procédure pour empêcher une personne de s’infliger ou d’infliger à autrui des lésions. Les employés auraient reçu une journée de formation.

Voilà qui est très discutable selon Caroline Cimon-Dick, coordonnatrice de PLAIDD-BF, groupe régional de promotion et de défense des droits en santé mentale. «Nous parlons ici d’employés qui auront à appliquer une mesure de contrôle pour maîtriser physiquement une personne en état de détresse. Il s’agit d’une tâche très délicate et nous voyons mal comment une journée de formation serait suffisante et pourquoi des personnes qui ne sont ni soignantes ni agentes de sécurité seraient contraintes d’intervenir», indique-t-elle.

Pour elle, il est clair qu’une telle obligation menace l’intégrité physique et mentale des personnes qui la subissent, mais aussi des personnes contraintes d’y participer sans être habilitées correctement. Le risque de blessures et de traumatismes est bien réel. «Toute personne a le droit de recevoir un traitement de qualité par un professionnel qualifié, et cette pratique nous semble contraire aux exigences de la loi», affirme Mme Cimon-Dick.

Du côté de l’AGIDD-SMQ, on aimerait voir le CISSS BL pleinement engagé dans la mise en place d’alternatives aux mesures de contrôle, plutôt que d’étendre le nombre d’intervenants autorisés à les appliquer. «En 2002, le ministère de la Santé et des Services sociaux publiait des Orientations et un plan d’action visant la réduction, voire l’élimination des mesures de contrôle. Depuis, plusieurs milieux se dotent de moyens en ce sens. Que fait le Centre intégré du Bas-Saint-Laurent?», questionne Doris Provencher, directrice générale de l’AGIDD-SMQ.

La remise des prix Orange et Citron de l’AGIDD-SMQ est une tradition instaurée en 1996. Les récipiendaires sont déterminés à la suite d’un vote populaire tenu partout au Québec [http://bit.ly/poc2019agidd]. Les candidatures sont recueillies en ligne et toute personne intéressée par la cause peut voter. Bon an, mal an, des centaines de personnes, pour la plupart vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale, prennent part au concours. Les récipiendaires seront dévoilés le 29 mai.

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