Dan Bigras reçoit le prix Orange 2006 de l’AGIDD-SMQ

 

Montréal, le mercredi 31 mai 2006- Dan Bigras a reçu le prix Orange 2006 de l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ). La remise de prix a eu lieu en présence du principal intéressé, le mardi 30 mai, à l’Hôtel Sandman Longueuil, dans le cadre de la soirée soulignant les 15 ans de l’Association.

 

Le prix Orange de l’AGIDD-SMQ est remis annuellement à une personne, un groupe, une association ou une institution qui, de par son implication, s’est illustré dans la promotion et la défense des droits des personnes vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale.

 

Dan Bigras est en nomination pour l’ensemble de son engagement social, mais surtout pour ses propos percutants, intelligents, rafraîchissants sur l’importance de faire place et d’entendre la colère de ceux qui souffrent.

 

Dans le film «Les voleurs d’enfance», où il est notamment question des mesures d’isolement dans les centres de réadaptation, Dan Bigras fait valoir qu’un jeune en crise tente de «revendiquer quelque chose» et qu’il faut donc être à l’écoute, ce qui cadre tout à fait avec la philosophie de l’Association. Par ailleurs, M. Bigras y explique que nous cherchons à faire des enfants sages alors que nous devrions tenter de faire des enfants heureux, tout simplement.

 

Prix Citron

Le Prix Citron 2006 à été remis au Centre hospitalier Robert-Giffard pour avoir isolé une personne pendant 25 jours l’été dernier. Pour l’AGIDD-SMQ, rien ne pouvait justifier une telle mesure. Le Rapport d’enquête du Protecteur des usagers a démontré que la personne au cœur de toute cette affaire a été mise en isolement à sa propre demande et ce, parce qu’elle ne souhaitait pas recourir à la médication, malgré les nombreuses tentatives répétées du médecin et du personnel soignant pour qu’elle y consente. Une fois la personne «soignée» à la suite d’une ordonnance de soins, la mesure d’isolement a été levée. Est-ce dire que la seule alternative à la médication au Centre hospitalier Robert-Giffard demeure les mesures de contrôle, s’interroge l’Association?

 

Ce n’est pas la première fois que le Centre hospitalier Robert-Giffard est critiqué par l’Association dans le cadre de cette remise de prix annuelle. En 2002, le Centre hospitalier a reçu le prix Citron pour l'isolement illégal et sans consentement d'une personne dans sa chambre durant six jours, dans ses excréments, et ce, pour la punir de comportements jugés inacceptables par les intervenants et intervenantes en place.

 

Les prix Orange et Citron sont attribués par un vote populaire effectué par l’entremise des groupes membres de l’Association. Des centaines de personnes directement concernées votent chaque année pour déterminer les gagnants.

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               AUTRES NOMINÉS AU PRIX ORANGE 2006 DE L’AGIDD-SMQ

Éric-Yvan Lemay, journaliste au Journal de Montréal

M. Éric-Yvan Lemay, journaliste au Journal de Montréal, a mis en lumière la facilité et la rapidité avec laquelle les antidépresseurs sont prescrits, dans le cadre d’une enquête publiée en janvier 2006. Au total, dix des onze médecins qu’il a rencontrés lui ont prescrit une médication après quelques minutes à peine de consultation. «Après seulement quelques minutes de consultation. Des antidépresseurs comme des bonbons!», titrait la une du journal le 28 janvier 2006. Son enquête aura également mis sur la place publique le thème de la médicalisation des problèmes sociaux.

 

Lucie Lemonde, directrice des études supérieures en droit à l’Université du Québec à Montréal, et la Ligue des droits et libertés

La Ligue des droits et libertés a porté à l’attention du comité des Nations unies contre la torture deux rapports rédigés par Mme Lucie Lemonde, directrice des études supérieures en droit à l’Université du Québec à Montréal ; En mai 2005, les médias révélaient que des méthodes ressemblant étrangement à l’isolement (retrait et arrêt d’agir) n’étaient encadrées par aucune règle dans les centres de réadaptation jeunesse. Mme Lemonde faisait remarquer que les unités de retrait qu’elle a visitées, comme les unités d’isolement, étaient pour la plupart en béton, bénéficiaient de peu de lumière du jour et n’étaient munies que d’un sac de sable.

 

Lourdes Rodriguez, Linda Bourgeois, Yves Landry, Lorraine Guay et Jean-Luc Pinard 

Vient d’être publié l’ouvrage «Repenser la qualité des services en santé mentale dans la communauté – Changer de perspective».  Changer de perspective, c’est considérer le point de vue des personnes concernées, des personnes utilisatrices. «Cette contribution novatrice remet en cause certaines attitudes corporatistes et une vision parfois autosuffisante de l’évaluation de la qualité des services», fait valoir en préface Luc Blanchet, président du Comité de la santé mentale du Québec. En plus d’offrir un cadre de référence précisant la notion de qualité selon les utilisateurs de services, l’ouvrage compte un chapitre intitulé «Entrer en dialogue» et consacré au témoignage d’une personne utilisatrice. Les auteurs, répondant à un mandat du Comité de la santé mentale du Québec, sont Lourdes Rodriguez, Linda Bourgeois, Yves Landry, Lorraine Guay et Jean-Luc Pinard.

 

 

AUTRES NOMINÉS AU PRIX CITRON 2006 DE L’AGIDD-SMQ  

 

Le journal L’Objectif Plein Jour (Baie Comeau) 

Le journal L’Objectif Plein Jour, de Baie Comeau, titrait à la une de son édition du vendredi 16 septembre 2005: «Sauvé in extremis : Un patient s’enfuit de l’hôpital, presque nu, et se jette dans la rivière Amédée, d’où il sera rescapé par des secouristes de Baie Comeau», le tout accompagné d’une photo de la personne. À l’intérieur, le titre est le suivant : «Un malade se jette dans la rivière». Le texte fait état d’un «homme ayant vraisemblablement des problèmes de santé mentale». Le Groupe Nord Côtier de défense de droits avait réagi rapidement à ce manque d’éthique en rappelant à l’ordre le journal lors d’une conférence de presse.  La nouvelle aurait pu être rapportée tout en respectant le droit à la confidentialité.

 

Le Centre hospitalier universitaire de santé de McGill

Réalisée par Action Autonomie, l’étude «Des libertés bien fragiles» portant sur l’application, en 2004, de la Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui (loi P.38-001), démontre d’importantes disparités entre les hôpitaux du Centre hospitalier universitaire de santé de McGill (Royal Victoria et Hôpital général) et les autres établissements montréalais.  Chiffres à l’appui, on constate que les personnes qui y sont enfermées sont beaucoup moins nombreuses à être représentées par un avocat et à se présenter en cour.  En conséquence, les personnes ne peuvent contester leur internement. Action Autonomie a demandé au Protecteur des usagers de faire enquête et d’émettre des recommandations auprès des établissements du CUSM si nécessaire.

 

L’Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme 

Depuis plusieurs années, les employés de l’Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme se plaignent notamment du manque de ressources humaines dans le département de psychiatrie de l’hôpital. Bien qu’un comité paritaire en santé et sécurité au travail ait été mis en place en mars 2005, il aura fallu un drame pour que la situation change. En effet, en février 2006, une personne hospitalisée a agressé un préposé aux bénéficiaires. Au moment du drame, un seul préposé s’occupait de 22 personnes. Après cet incident malheureux, le réseau TVA rapportait que l’hôpital avait doublé ses effectifs sur ce quart de travail.

 

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