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Prix Orange et Citron

 

Présentation

La petite histoire du concours: récipiendaires 1996-2004

L'Édition 2004: nouvelle formule

Règles du concours

Le Prix Orange 2006

(critères de sélection, mises en nomination)

Le Prix Citron 2006

(critères de sélection, mises en nomination)

 

Présentation

 

Le concours des Prix Orange et Citron est une initiative de l'Association des Groupes d'Intervention en Défense de Droits en Santé Mentale du Québec.

Cet évènement annuel vise à mobiliser les membres de l'AGIDD-SMQ autour de la défense des droits des personnes vivant ou ayant vécu des problèmes de santé mentale et de la dénonciation des abus de la psychiatrie.

C'est une façon concrète et originale de démystifier « la folie » dans son langage et dans son essence tout en permettant aux personnes de s'approprier un certain droit de regard sur cette société qui trop souvent les exclut ou les marginalise.

C'est une occasion qui leur permet de reprendre du pouvoir en ayant droit au chapitre, en devenant juge plutôt qu'accusé.

Le Prix Orange est remis à une personne, un groupe, une association ou une institution s'étant illustré de par son implication à la promotion et défense des droits des personnes vivant avec un problème de santé mentale.

Le Prix Citron est décerné à une personne, un groupe, une association ou une institution qui, de par son implication, contrevient à la promotion, aux droits et au respect des personnes vivant avec un problème de santé mentale.

 

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La petite histoire du concours

 

C'est en 1996 que ce concours voit le jour : 2004 en sera donc la 9e édition. Ce sont les personnes vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale qui, par les groupes membres de l'AGIDD-SMQ, suggèrent des noms de personnes à mettre en nomination pour l'un ou l'autre des prix. Jusqu'en 1999, un jury nommé par le Conseil d'administration étudiait les candidatures et procédait à la nomination des gagnants. Depuis 1999, un vote populaire permet de déterminer les récipiendaires de ces prix.

1996

Jury : le conseil d'administration de l'AGIDD-SMQ

Récipiendaires :

- Prix Orange : M. Aziz Naek, pour sa détermination dans la poursuite d'actions en justice intentées contre l'Hôpital Jean-Talon où son fils, Atif Naek, est décédé après 4 jours de prise de médicaments en mégadose (4 fois la dose permise ) prescrite et administrée à l'hôpital.

- Prix Citron : L'Hôpital Jean Talon, dans le dossier Atif Naek, pour des raisons évidentes.

1997

Jury : présidé par M. Michel Chartrand

Récipiendaires :

- Prix Orange : M. David Cohen, pour l'ensemble de son travail en particulier sur la médication psychiatrique et comme co-auteur du Guide critique des médicaments de l'âme.

- Prix Citron : Association des psychiatres du Québec.

1998

Jury : Mme Danielle Bissonnette, comédienne

Mme Francine Néméh, Ligue des droits et libertés

M. Bruno Roy, Comité des enfants de Duplessis

 

Récipiendaires :

- Prix Orange : Me Jean-Pierre Ménard, avocat en droit de la santé, pour sa collaboration marquée avec les groupes en santé mentale et son intérêt pour la justice sociale.

- Prix Citron : M. Alain Bouchard, journaliste au Soleil de Québec, pour sa série d'articles « Les fous dans la rue » qui proposaient un portrait des personnes désinstitutionnalisées de Robert-Giffard calomnieux et empreint de préjugés.

1999

Récipiendaires :

- Prix Orange : Le Comité des Orphelines et Orphelins institutionnalisés(es) de Duplessis pour la persévérance et l'acharnement dont ils et elles ont fait preuve tout au long de ces années de lutte, dénonçant les torts et sévices subis en institution et réclamant réparation. Le comité a réussi, malgré de nombreux obstacles, à mettre sur la place publique une page sombre de notre histoire que le gouvernement a reconnu et pour lesquelles il a présenté des excuses officielles. La lutte continue toujours pour faire corriger les registres de l'état civil et les dossiers médicaux les concernant et obtenir une compensation financière sinon une enquête publique.

- Prix Citron : L'administration de l'hôpital Rivière-des-Prairies pour avoir laissé pourrir une situation déjà décriée en 1984-85 par le rapport Shadley, faisant ainsi de cet hôpital un asile, dernier bastion d'un certain type de pouvoir psychiatrique qui a permis des pratiques abusives d'isolement, de contention, de mauvais traitements, d'inadéquation de services, etc. à l'égard des personnes vulnérables dont 155 ne nécessitant pas d'y être hospitalisées selon un rapport d'enquête du Curateur public.

2000

Prix Orange : Le Curateur public du Québec, M. Pierre Gabrièle

Le rapport du Curateur public du Québec, déposé en février 1999, sur la situation intolérable de l'isolement et des contentions à l'hôpital Rivière-des-Prairies marqua le début d'une série de rapports et de dénonciations qui toucha de plus en plus le public et laissa entrevoir un changement plus qu'urgent. Par ce rapport, il obligea le Ministère de la Santé et des Services Sociaux à s'intéresser à cette situation horrible. Il s'agissait d'une action importante pour la défense et le respect des droits des personnes hospitalisées dans cet hôpital. Malheureusement, la situation demeure pratiquement inchangée. Quand cet hôpital respectera-t-il les droits de ses patients ? Une lueur d'espoir persiste toujours et nous n'abandonnerons pas cette lutte pour le respect des droits des personnes vivant ou ayant vécu des problèmes de santé mentale.

Prix Citron : La maison de chambres Chez Lise à Longueuil (Propriétaire : Mme Lise Bissonnette)

La situation d'abus envers les personnes qui y habitent perdure depuis plusieurs années à la maison Chez Lise. L'AGIDD-SMQ et le Collectif de défense des droits de la Montérégie dénoncent depuis bien longtemps cette situation et pourtant rien ne change. Au début de cette année, une enquête du coroner a d'ailleurs eu lieu à cette maison de chambres suite au décès de deux (2) personnes. Le manque d'aide et de soins médicaux appropriés à la maison de chambres n'y sont probablement pas pour rien. Depuis 1998, six (6) personnes sont décédées à la maison Chez Lise et quatre (4) sont mortes dans les semaines qui ont suivi leur départ de cette maison. Mme Bissonnette a aussi instauré un système de transferts de la totalité des avoirs des chambreurs dans un compte bancaire à son nom, qu'elle gère comme bon lui semble. Comme si cela ne suffisait pas, elle a aussi mis sur pied un dépanneur dans sa maison et elle facture des montants réellement abusifs à certains chambreurs pour de simples articles, tels des cigarettes ou du chocolat. Bref, cette maison de chambres en vient à ressembler plus à une PME qu'à un réel endroit voué à l'aide des personnes vivant ou ayant vécu des problèmes de santé mentale.

 

2001

Prix Orange : Mme Denise Blais et Mme Francine Dorion,

membres du Groupe d'appui à la transformation des services de santé mentale, pour leur travail et leur engagement en tant que représentantes des personnes utilisatrices des services au sein du Groupe d'appui.

Prix Citron : Dr Kenneth Walker,

chroniqueur dans le cahier Santé de La Presse, pour la chronique du 26 novembre 2000 intitulée Les Dangers que représentent les malades mentaux, qui véhiculait des préjugés monstrueux à l'endroit des personnes vivant un problème de santé mentale.

 

2002

Prix Orange : L’équipe d’intervention théâtrale Mise au Jeu

avec les comédiens(es) militants(es) M. Allen Bédard, M. Stéphane Del Santo, Mme Manon Des-rosiers, Mme Manon Gagnier, Mme Stéphanie Gendron, Mme Ginette Gouin, Mme Paulette Lacoste, Mme Paula Maundcote, M. Pierre Ouimet, Mme Christine Robertson, M. Robert Lavallée et à la coordination de la production, M. Luc Gaudet, pour leur imaginaire contagieux et leur participation exceptionnelle au Colloque nord-américain sur l’appropriation du pouvoir «J’ai un pouvoir fou : de la noirceur à la lumière».

Prix Citron : Le Conseil médical du Québec

pour la production d’un avis sur «Les maladies mentales : un éclairage contemporain», qui véhicule et prône strictement l’approche bio-médicale et souhaite son retour en force ; bref, un retour en arrière vers une psychiatrie déchue.

 

2003

Prix Orange : Mme Karina Marceau 

journaliste à l'émission J.E. (Réseau TVA), pour son reportage très critique concernant l'isolement et la contention, qui dénoncent les recours abusifs à ces mesures qui contreviennent à l'article 118.1 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux du Québec. Ce reportage a été diffusé le 20 septembre 2002..

Prix Citron :
Le Centre hospitalier Robert-Giffard (Québec)
 

pour l'isolement illégal et sans consentement d'une personne dans sa chambre durant six jours, dans ses excréments, et ce, pour la punir de comportements jugés inacceptables par les intervenants et intervenantes en place. Cette situation est survenue à la fin de l'année 2002.

2004

Prix Orange : Mme Ginette Grégoire, infirmière

qui a dénoncé la situation d’isolement pendant six jours vécue par une personne au Centre hospitalier Robert-Giffard (Québec), pour son courage à briser la loi du silence et ainsi permettre un plus grand respect des droits des personnes. Son action a été libératrice pour cette personne. Elle interpelle également le milieu de la santé et des services sociaux sur ses propres pratiques, souvent néfastes, ainsi que sur la nécessité d'un changement de culture vers l'humanisation des soins et un véritable respect des droits des personnes vivant un problème de santé mentale.

Prix Citron :  Les responsables du Centre hospitalier Douglas (Montréal)

pour leur laxisme concernant une ressource d’hébergement (Manoir des Pins) sous contrat avec eux où une personne est morte de froid un an avant leur intervention pour remédier à la situation.

2005

Prix Orange: Jean-Claude St-Onge, auteur de «L'envers de la pilule Les dessous de l'industrie pharmaceutique». L’enquête très fouillée de M. St-Onge démontre que l’industrie pharmaceutique est devenue la plus profitable au monde depuis 1990. Cette même industrie qui est passée maître dans l’art de médicaliser les événements de la vie et de forger de nouvelles pathologies pour vendre des «pilules du bonheur». À plus d’une occasion dans son ouvrage, l’auteur traite de la question des antidépresseurs, notamment pour révéler qu’entre 1998 et 2002, la quantité d’antidépresseurs prescrits aux enfants âgés de 6 à 12 ans a augmenté de 142%, ou encore pour mettre en lumière des informations troublantes sur l’efficacité  de ces médicaments. 

Prix Citron: Le Collège des médecins du Québec (CMQ) pour son énoncé de position concernant la contention chimique. Le document produit par le CMQ est alarmant. Dans leur énoncé de position, une question est lancée : quand s’arrête le traitement et où commence le contrôle ? Selon cette organisation, la réponse se situe dans le jugement clinique. Si de telles consignes étaient appliquées, cela voudrait dire qu’un médecin pourrait utiliser des mesures chimiques de contrôle en faisant fi des lois, prétextant que son jugement clinique justifie de telles pratiques

 

 

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Nouvelle formule depuis 2004

Depuis 1999, la formule est changée. Plutôt que de faire appel à un jury de quelques personnes, nous avons démocratisé le concours en le soumettant au vote populaire. Pour ce faire, le Conseil d'administration propose des candidatures pour chacun des deux prix et demande à ses groupes membres d'organiser une consultation populaire à la mesure de leurs moyens.

À titre de suggestions : les votes peuvent être fait grâce aux bulletins de vote qui se retrouvent dans les groupes, mais aussi ils peuvent se prendre à mains levées, par téléphone, par la poste, par vote secret, en laissant une boîte de scrutin à la disposition des gens pendant quelques semaines, etc. La consultation peut s'adresser aux membres du C.A., à votre assemblée générale ou à tous ceux et celles qui fréquentent votre ressource. Elle peut s'étendre à des groupes non-membres qui sont vos partenaires ou même à toute la population de votre région (ex. : concours dans vos médias locaux). Ce pourrait être un bon événement rassembleur durant la semaine de la santé mentale.

Des individus peuvent aussi exercer leur droit de vote en nous l'acheminant par l'intermédiaire d'un organisme dont il sont membres ou en votant directement par courrier électronique via notre site internet.

 

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Règles du concours

- un seul vote par personne ;

- les votes doivent être compilés par un groupe membre ou acheminés directement à l'AGIDD-SMQ par courrier électronique agidd@videotron.ca ou par la poste ;

- chaque groupe membre détermine le mode de scrutin qu'il entend utiliser, sa durée et sa portée ;

- les résultats détaillés précisant le nombre total de votes recueillis par chacune des candidatures doivent être acheminés au bureau de l'AGIDD-SMQ au plus tard le 26 mai 2004, l'estampe de la poste en faisant foi.

 

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Le Prix Orange 2005

Critères de sélection :

1.- L'impact :

- Au niveau provincial ;

- Que le geste s'inscrive dans une vision collective ;

- Qu'on y retrouve une portée éducative au niveau du public ;

- Faire ressortir le côté « unique et exemplaire».

2.- Le courage et la persévérance

 

Les nominations 2005

Le comité de pilotage du guide «Paroles et parcours d'un pouvoir foi / Guide pour une réflexion et un dialogue sur l’appropriation du pouvoir individuel et collectif des personnes utilisatrices de services en santé mentale» : Mme Denise M. Blais, Mme Linda Bourgeois et M. Jean-Claude Judon. Tiré à 5000 copies, ce guide donne la parole aux personnes utilisatrices et rend compte des divers parcours qu’elles empruntent pour vivre un processus d’appropriation du pouvoir tant au niveau individuel que collectif. Il porte un regard critique sur les services de santé mentale. Pouvoir connaître, comprendre, exercer et défendre ses droits est présenté dans ce guide comme étant un élément-clé d’appropriation du pouvoir.

 

Monsieur Jean-Claude St-Onge, professeur de philosophie au Collège Lionel-Groulx, pour son ouvrage «L’envers de la pilule. Les dessous de l’industrie pharmaceutique» dans lequel il dévoile l’envers sombre et alarmant des pratiques de cette industrie. Il estime que les multinationales pharmaceutiques devraient faire preuve d'une plus grande responsabilité sociale, étant donné la nature même de leurs produits. L’auteur, qui aborde dans les pages de son livre la question de la médication de l’âme, trouve affolant que la consommation d'antidépresseurs chez les 6-12 ans ait augmenté de 142% en 4 ans.

 

La Protectrice des usagers en matière de santé et de services sociaux, Mme Lise Denis, pour avoir souligné, dans le cadre des travaux de la Commission des affaires sociales sur le projet de loi 83, la nécessité d'un programme de certification pour les résidences qui hébergent des personnes ayant un problème de santé mentale. Elle a également proposé que les Agences de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux et le Protecteur des usagers puissent avoir un pouvoir d'intervention dans les résidences privées qui ne seraient pas titulaires d'un certificat de conformité, incluant les ressources privées d'hébergement sans permis qui reçoivent des usagers autres que des personnes âgées.

 

 

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Le Prix Citron 2005

Critères de sélection :

1.- L'impact :

- en terme de manque de vision ;

- au niveau provincial ;

- ne pas contribuer à un règlement de comptes ;

- faire ressortir le côté « unique et exemplaire».

2.- L'irresponsabilité, la bêtise, le manque de jugement

3.- Le degré d'atteinte aux droits des personnes

 

Les nominations 2005

Le Centre d’hébergement Rachel, situé dans le quartier Rosemont à Montréal, pour les conditions de vie médiocres offertes à des hommes et des femmes de tout âge ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie. En mars 2005, les médias révélaient des lieux infects.

 

Le Collège des médecins du Québec (CMQ) pour son énoncé de position concernant la contention chimique. Le document produit par le CMQ est alarmant. Dans leur énoncé de position, une question est lancée : quand s’arrête le traitement et où commence le contrôle ? Selon cette organisation, la réponse se situe dans le jugement clinique. Si de telles consignes étaient appliquées, cela voudrait dire qu’un médecin pourrait utiliser des mesures chimiques de contrôle en faisant fi des lois, prétextant que son jugement clinique justifie de telles pratiques.

 

Le Centre hospitalier Antoine-Labelle de L’Annonciation. À l’été 2004, les médias rapportaient des cas d’agressions sexuelles dans cet hôpital. Mme Lise Denis, protectrice des usagers en matière de santé et de services sociaux, a dénoncé la décision de l’établissement de suspendre avec salaire l’employé ayant incité plus d’une fois une patiente en psychiatrie à se prostituer tout en s’interrogeant publiquement sur le silence qui a entouré cette affaire. Mme Denis a noté que ce n’était pas la première fois qu’un employé du centre était impliqué dans une affaire d’agression sexuelle.

 

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Remise des Prix

La remise des prix Orange et Citron, édition 2005, a eu lieu :

Le mardi 31 mai 2005, à 17h00, au 7400, boulevard Saint-Laurent à Montréal. 

 

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