«Donnons de la crédibilité au Commissaire à la santé
et au bien-être : offrons-lui une participation citoyenne
et toute l’indépendance nécessaire»

 

   

Mémoire présenté à

La Commission des affaires sociales

dans le cadre des consultations publiques sur le projet de loi no 38,
Loi sur le Commissaire à la santé et au bien-être

 

Février 2004

 

 

Présentation de l’association

 

Fondée en 1990, l’Association des groupes d’intervention en défense de droits en santé mentale du Québec, AGIDD-SMQ, regroupe 34 organismes répartis dans toutes les régions du Québec : groupes d’aide et d’accompagnement en défense de droits, groupes de promotion-vigilance et comités d’usagers d’établissements de santé. L’AGIDD-SMQ se donne pour mission de lutter pour la reconnaissance et l’exercice, pour les personnes vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale, des droits de tout citoyen et de toute citoyenne à part entière, c’est-à-dire les droits fondés sur des principes de justice sociale, de liberté et d’égalité.

 

Administrés majoritairement par les personnes directement concernées, les groupes de promotion et de défense de droits se mettent au service des personnes qui, ayant un problème de santé mentale, ont besoin d’appui pour exercer leurs droits ; ces groupes interviennent également au niveau systémique, c’est-à-dire pour remettre en cause des règlements, des politiques ou l’organisation des services de santé mentale. Ces groupes visent à accroître la compétence des personnes à défendre leurs droits par elles-mêmes et à favoriser l’accès et l’utilisation des recours existants.

 

Nous sommes très préoccupés par la participation et l’implication des personnes utilisatrices des services dans les lieux de concertation concernant l’organisation des services. Nous avons endossé sans réserve le principe moteur du Plan d’action pour la transformation des services de santé mentale, soit l’appropriation du pouvoir de la personne. Il faut étendre ce principe à toutes les sphères de la société, il est ici question d’autonomie, de participation des personnes aux décisions qui les concernent, de représentativité des volontés de la population et même d’adhésion à une démarche qui nous interpelle tous.

 

Pour l’AGIDD-SMQ, il est primordial de préserver les principes qui ont guidé la mise sur pied de notre système public de santé et de services sociaux du Québec, et ce, particulièrement en ces temps plus difficiles. Les élues et élus doivent être particulièrement vigilants pour la sauvegarde des valeurs chères aux Québécoises et Québécois et pour être à l’écoute de la population, et ce, afin de permettre un sain et véritable débat démocratique sur cette question.

 

Nous remercions la Commission des Affaires sociales de recevoir nos commentaires et réactions concernant le projet de loi 38, Loi sur le Commissaire à la santé et au bien-être.  Notre expertise et notre expérience terrain permettront d’ajouter au débat actuel la perception des personnes vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale.

 

Une question de valeurs

 

L’institution d’un Commissaire à la santé et au bien-être dans le système de santé et de services sociaux du Québec est un acte politique important et une occasion privilégiée d’améliorer certaines lacunes du système. Pour l’AGIDD-SMQ, les valeurs de base suivantes doivent être mises de l’avant dans la création de ce nouveau poste :

       L’indépendance de cette fonction face au gouvernement.

       La participation citoyenne.

       La promotion, la protection et la défense des droits des citoyennes et citoyens.

       Une vision globale et sociale de la santé de la population et non seulement médicale et curative.

À nos yeux, ces valeurs sont incontournables et doivent guider tout le processus de mise en place du Commissaire à la santé et au bien-être. C’est pourquoi nous considérons que le projet de loi 38, tel que présenté, ne répond pas à nos attentes légitimes. Plusieurs éléments nous apparaissent contrevenir à la pratique développée depuis quelques années dans le milieu de la santé et des services sociaux.

 

 

L’indépendance du commissaire à la santé et au bien-être

 

Entre ce que disait le programme du Parti libéral du Québec et le projet de loi 38, le rôle du Commissaire à la santé et au bien-être semble s’être vidé de son contenu. Il devient un autre fonctionnaire de l’État, un genre de «super sous-ministre », avec un rôle d’appréciation des résultats obtenus par le système de santé et services sociaux, d’information du ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec et du public de la performance globale du système, et ce, afin de permettre un débat sur ces questions ; il donne des avis au ministre sur l’évolution de l’état de santé et de bien-être de la population, ainsi que sur les grands enjeux en santé et services sociaux.

 

Pourtant, le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, M. Philippe Couillard, affirmait le 8 juillet 2003 devant la Commission des affaires sociales lors de l’étude des crédits du MSSS que : « Ce commissaire nommé par l’Assemblée nationale, et donc indépendant du gouvernement, disposera de l’autorité morale requise pour promouvoir l’implantation d’une véritable culture d’excellence et de performance dans l’organisation et le fonctionnement des services […] Ce sera un gage de transparence et une façon de dépolitiser autant que possible la gestion de notre système de santé et services sociaux. »

 

Si le Commissaire à la santé et au bien-être relève du ministre de la Santé et des Services sociaux, on peut se questionner sur sa capacité à donner des avis libres de toute « contrainte » d’allégeance à son « patron ». Comment pourra-t-il critiquer publiquement des décisions prises par le ministre ? Comment pourra-t-il être transparent dans son analyse de la situation du système de santé et de services sociaux ? Comment pourra-t-il jouer un rôle de vigilance ? Comment pourra-t-il exercer une autorité morale devant la population et les gouvernants ? Selon nous, la position du commissaire sera intenable et ne servira qu’à alimenter le désabusement de la population face aux institutions politiques. Dans cette position, il pourrait être taxé d’être le «paravent» du ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec et, évidemment, ce n’est le souhait de personne.

 

Recommandation 1

Le poste de Commissaire à la santé et au bien-être doit relever directement de l’Assemblée nationale, afin d’assurer l’indépendance due à cette charge, de  pouvoir exercer son rôle librement et avec toute l’autorité morale requise par cette fonction.

 

 

La participation citoyenne

 

Depuis plus d’une décennie, la population du Québec a développé des habitudes saines de participation citoyenne au processus de prise de décision en ce qui touche le système de santé et de services sociaux. En effet, la participation aux différents paliers de décision dans les établissements du Québec, incluant les conseils d’administration des défuntes régies régionales de la santé et des services sociaux, a permis à des citoyennes et citoyens de s’impliquer au sein de leur communauté et d'améliorer les services de santé et les services sociaux. L’AGIDD-SMQ trouve inacceptable que le projet de loi 38 retire ce droit de participation à la population qui serait intéressée à le faire. En effet, nulle part il n’est fait mention que le commissaire s’appuiera sur une structure formée de divers représentantes et représentants de la société québécoise pour exercer son mandat et, selon nous, il s’agit d’une grande perte pour l’exercice de la démocratie au Québec. 

 

Comme si cette absence n’était pas suffisante, le projet de loi 38 démantèle le Conseil de la santé et du bien-être et l’incorpore au mandat du Commissaire à la santé et au bien-être. Nous rappelons que le Conseil de la santé et du bien-être est formé de 23 membres provenant de tous les milieux interpellés par le domaine de la santé et des services sociaux et que c’est à la demande de plusieurs organisations impliquées socialement, qui avaient revendiqué que l’aspect social de la santé soit présent au même titre et avec la même importance que l’aspect médical, que ce conseil avait été mis sur pied.

 

Recommandation 2

Le Conseil de la santé et du bien-être doit être maintenu dans son fonctionnement actuel et travailler en étroite collaboration avec le Commissaire à la santé et au
bien-être.

 

Il faut donc modifier le projet de loi en conséquence et laisser son mandat original au Conseil de la Santé et du bien-être.

 

Selon l’AGIDD-SMQ, cette inquiétude demeure d’autant plus d’actualité avec la tendance « biologisante » d’expliquer plusieurs difficultés vécues par la population. En effet, l’expérience des groupes régionaux de promotion et de défense des droits en santé mentale démontre qu'il y a présentement une forte tendance à « psychiatriser » de plus en plus les problèmes sociaux. Par exemple, les difficultés d’ordre financier, relationnel ou professionnel entraînent souvent de la détresse psychologique. Mais au lieu d’analyser ces problèmes sous un angle collectif et social, on médicamente les personnes (l’augmentation des prescriptions d’antidépresseurs est éloquente à ce sujet) et on continue d’exiger du rendement et de la performance. Selon nous, il est essentiel que le commissaire soit en contact direct avec l’expérience terrain qu’apporte la participation citoyenne.

 

Recommandation 3

La structure de fonctionnement du Commissaire à la santé et au bien-être doit inclure la participation citoyenne afin d’orienter et d’encadrer son champ d’action.

 

En terme de participation citoyenne, on devrait entre autres retrouver dans ce projet de loi qu’un conseil d’administration soit formé au sein du Commissaire à la santé et au bien-être et qu’il soit composé de différentes parties de la société civile. On doit aussi envisager d’instaurer un mécanisme continu de consultation de la population et non pas de le consulter au besoin, c’est-à-dire presque jamais. La population a toujours une opinion. De toute façon, instaurer de telles idées, et d’autres plus avancées même, ne fera qu’ajouter de la crédibilité et de la profondeur à cette entité qu’on veut créer.

 

 

La promotion, la protection et la défense des droits

 

Pour l’AGIDD-SMQ, la mise sur pied du poste de Commissaire à la santé et au bien-être, relevant de l’Assemblée nationale, est une belle occasion d’améliorer le système de promotion, de protection et de défense des droits des citoyennes et citoyens en matière de santé et de services sociaux. En effet, le système actuel comporte des lacunes flagrantes et cautionne trop souvent la violation des droits de la population.

 

En maintenant la confusion quant au rôle des mécanismes de traitement des plaintes, qui est dans les faits un système d’auto-régulation des services, les usagers des services de santé et des services sociaux perdent confiance en ce système. Quand une personne a le courage d’acheminer une plainte au Commissaire local à la qualité des services d’un établissement de santé et de services sociaux, son but premier n’est pas d’améliorer la qualité des services de cet établissement, elle veut qu’on reconnaisse les faits, qu’on identifie les responsables, qu’on prenne des mesures disciplinaires s’il y a lieu et qu’on apporte les correctifs nécessaires pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise. La récente situation survenue au CHSLD Saint-Charles-Borromée a démontré ces faits avec éloquence, elle interpelle légitimement le législateur à améliorer son système de recours et de protection des droits.

 

Malheureusement, notre expérience de défense des droits en santé mentale est toute autre et nous démontre que le Commissaire local a les mains liées par son statut administratif et, par le fait même, il a peu de pouvoir réel pour modifier les choses. Le fait que le commissaire local soit un employé de l’établissement le met dans une situation difficile et entrave, selon nous, sa liberté d’action. C’est pourquoi nous considérons que si les commissaires locaux à la qualité des services relevaient du bureau du Commissaire à la santé et au bien-être, ils posséderaient une indépendance d’action qui ne pourrait qu’être bénéfique pour le respect des droits des usagers des services de santé et des services sociaux. Nous croyons que cette indépendance d’action est d’autant plus nécessaire dans le cadre de la mise sur pied des réseaux locaux de services de santé et de services sociaux étant donné que cela amènera de nouvelles façons de faire. Il faut également considérer que la masse critique (nombre de personnes utilisatrices de services et nombre d’employées et d’employés) dans le cadre des réseaux locaux de services justifiera une tâche de Commissaire local à temps plein, ce qui n’est pas le cas actuellement dans tous les établissements, et cette réalité risque de marginaliser davantage le rôle du commissaire local ; il faut donc chercher à le rendre le plus efficient possible.

 

Dans cet esprit, le mandat du Protecteur des usagers en matière de santé et de services sociaux devra être intégré au bureau du Commissaire à la santé au bien-être avec les fonctions dévolues à ce poste via la loi P-31.1. Pour le bénéfice des personnes qui se sentent lésées par le travail d’un commissaire local, il devrait y avoir la mise en place d’un palier de révision au sein du Commissaire à la santé et au bien-être, qui pourrait inclure des représentantes et des représentants du Protecteur du citoyen, de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et du Conseil de la santé et du bien-être par exemple.

 

Recommandation 4

Intégrer le mandat et les fonctions dévolues au Protecteur des usagers en matière de santé et de services sociaux au bureau du Commissaire à la santé et au bien-être.

 

Recommandation 5

Les commissaires locaux à la qualité des services doivent relever du bureau du Commissaire à la santé et au bien-être et doivent être autonomes et indépendants des administrations des réseaux locaux de services de santé et de services sociaux.

 

Recommandation 6

Instaurer un palier de révision au sein du Commissaire à la santé et au bien-être en ce qui concerne les commissaires locaux à la qualité des services, formé de représentantes et représentants du Protecteur du citoyen, de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et du Conseil de la santé et  du bien-être par exemple.

 

Depuis près de 15 ans, les groupes régionaux de promotion et de défense des droits en santé mentale aident les personnes vivant un problème de santé mentale à faire respecter leurs droits dans le domaine de la santé et des services sociaux. Malgré une certaine amélioration, force nous est de constater que les personnes vivent encore beaucoup de difficultés à faire valoir leurs droits.

 

En effet, quand une personne a un diagnostic psychiatrique, elle perd généralement toute crédibilité aux yeux des intervenantes et intervenants. Ses gestes sont analysés sous l’angle de la « maladie » et ses réactions sont interprétées comme des perceptions subjectives et déformées de la réalité. Cela entraîne dans les faits un non-respect de ses droits et une frustration supplémentaire pour les personnes.

 

Voilà pourquoi il est important que le gouvernement s’engage à maintenir, et même à développer, financièrement des organismes communautaires qui viennent en aide et soutiennent les personnes vivant un problème de santé mentale dans leurs démarches de respect des droits. Également, différents organismes communautaires oeuvrent auprès des clientèles vulnérables qui sont victimes de violations de leurs droits ; divers événements de l’automne dernier l’ont clairement démontré, ces personnes ont besoin de la présence et de l’expertise terrain de ces organismes.

 

Recommandation 7

Le gouvernement doit s’engager à reconnaître l’importance de leur mission et à adéquatement soutenir financièrement les organismes communautaires qui aident et supportent différents groupes de personnes vulnérables dans l’exercice de
leurs droits.

 

 

Une charte des droits pour la santé et les services sociaux

 

Le projet de loi 38 démontre la volonté du législateur d’introduire, via le Commissaire à la santé et au bien-être, un document portant sur les droits et les responsabilités des utilisatrices et utilisateurs de services de santé et de services sociaux. À cet égard, l’AGIDD-SMQ est tout à fait en accord avec l’analyse qu’en fait le Conseil de la santé et du bien-être dans son avis sur L’institution d’un commissaire à la santé (15 septembre 2003). En voici les grandes lignes :

En ce qui regarde l’inclusion de la responsabilité individuelle dans le texte d’un tel document, l’AGIDD-SMQ est en accord avec le Conseil de la santé et du bien-être. Cela risque d’être inefficace et d’être perçu comme une action paternaliste de la part du gouvernement. De plus, le message peut signifier que les utilisatrices et les utilisateurs des services de santé et des services sociaux sont irresponsables et qu’ils abusent du système. À ce chapitre, l’expérience de l’AGIDD-SMQ démontre clairement que lorsque les personnes sont bien informées et supportées dans leurs démarches, elles utilisent de manière efficiente les services du réseau de la santé et des services sociaux. Ce rôle devrait être intégré au mandat du Commissaire à la santé et au bien-être.

 

Recommandation 8

Le Commissaire à la santé et au bien-être est responsable de l’élaboration d’un document informatif sur les droits collectifs. Ce document doit être élaboré avec la participation des citoyens et citoyennes du Québec.

 

Recommandation 9

Le Commissaire à la santé et au bien-être est responsable de la diffusion de ce document. Il doit faire en sorte que la population québécoise puisse s’approprier ce document.

 

 

Autres commentaires

 

Le projet initial devait intégrer l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé – AÉTMIS. Ce point a complètement disparu du projet de loi  38 et nous nous demandons pourquoi. 

 

Pourtant, le mandat de l’AÉTMIS correspond aux responsabilités énoncées à l’article 2 du projet de loi sur le Commissaire à la santé et au bien-être. Le mandat de cette agence est : L’AÉTMIS a pour mission de contribuer à améliorer le système de santé québécois et de participer à la mise en oeuvre de la politique scientifique du gouvernement du Québec. L’Agence conseille [] les décideurs du système de santé en matière d’évaluation des services et des technologies de la santé []. Les évaluations tiennent compte de multiples facteurs dont l’efficacité, la sécurité et l’efficience ainsi que les impacts éthiques, sociaux, organisationnels et économiques. À la lumière de ces informations sur l’AÉTMIS, il nous apparaît pertinent d’inclure cet organisme au sein de l’organisation relevant du Commissaire à la santé et au bien-être.  

 

Recommandation 10

Intégrer l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé – AÉTMIS – à l’organisation du Commissaire à la santé et au bien-être.

 

 

Conclusion

 

Pour l’AGIDD-SMQ, la création d’un poste de Commissaire à la santé et au bien-être doit représenter une avancée dans le domaine de la santé et des services sociaux pour la population du Québec et, selon notre organisation, le projet de loi 38, en son état actuel, ne répond pas à nos attentes.

 

L’occasion est pourtant belle pour le gouvernement de faire un véritable changement et de mettre en place une structure efficace agissant en tant que « gardienne » du système public de santé et de services sociaux. Pour ce faire, certaines conditions doivent être présentes ; l’indépendance de la fonction, la participation citoyenne, la promotion, la protection et la défense des droits collectifs et individuels en sont quelques exemples.

 

Cette opportunité de donner au Québec un réel mécanisme de recours est à saisir. La pratique quotidienne des groupes de défense de droits en santé mentale du Québec le confirme et les personnes directement concernées revendiquent un système efficace qui, vraiment, leur offrira le respect légitime de leurs droits. Ainsi, il s’agit d’une occasion de leur redonner un peu de confiance envers le système de santé et de services sociaux. Les recommandations émises dans ce mémoire vont dans ce sens et, rappelons-le, sont validées par les expériences des personnes vivant un problème de santé mentale et par l’expertise des organismes de défense de droits oeuvrant dans tout le Québec.

 

Autrement, la mise en place du Commissaire à la santé et au bien-être risque de créer un « super sous-ministre » qui sera lié par la conjoncture politique du moment et dont le rôle risque de se limiter à être un « simple porte-voix » du ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec. Ce poste de Commissaire à la santé et au bien-être est donc particulièrement important pour les personnes vulnérables, dont entre autres les personnes vivant un problème de santé mentale, qui sont en droit de s’attendre à plus de la part de leurs élues et élus dans l’offre de meilleurs services, ainsi que pour une plus grande protection et un complet respect de leurs droits.

 

 

 

 

 

 

Nos recommandations

 

Recommandation 1

Le poste de Commissaire à la santé et au bien-être doit relever directement de l’Assemblée nationale, afin d’assurer l’indépendance due à cette charge, de  pouvoir exercer son rôle librement et avec toute l’autorité morale requise par cette fonction.

 

Recommandation 2

Le Conseil de la santé et du bien-être doit être maintenu dans son fonctionnement actuel et travailler en étroite collaboration avec le Commissaire à la santé et au
bien-être.

 

Recommandation 3

La structure de fonctionnement du Commissaire à la santé et au bien-être doit inclure la participation citoyenne afin d’orienter et d’encadrer son champ d’action.

 

Recommandation 4

Intégrer le mandat et les fonctions dévolues au Protecteur des usagers en matière de santé et de services sociaux au bureau du Commissaire à la santé et au bien-être.

 

Recommandation 5

Les commissaires locaux à la qualité des services doivent relever du bureau du Commissaire à la santé et au bien-être et doivent être autonomes et indépendants des administrations des réseaux locaux de services de santé et de services sociaux.

 

Recommandation 6

Instaurer un palier de révision au sein du Commissaire à la santé et au bien-être en ce qui concerne les commissaires locaux à la qualité des services, formé de représentantes et représentants du Protecteur du citoyen, de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et du Conseil de la santé et  du bien-être par exemple.

 

Recommandation 7

Le gouvernement doit s’engager à reconnaître l’importance de leur mission et à adéquatement soutenir financièrement les organismes communautaires qui aident et supportent différents groupes de personnes vulnérables dans l’exercice de leurs droits.

 

Recommandation 8

Le Commissaire à la santé et au bien-être est responsable de l’élaboration d’un document informatif sur les droits collectifs. Ce document doit être élaboré avec la participation des citoyens et citoyennes du Québec.

 

Recommandation 9

Le Commissaire à la santé et au bien-être est responsable de la diffusion de ce document. Il doit faire en sorte que la population québécoise puisse s’approprier ce document.

 

Recommandation 10

Intégrer l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé – AÉTMIS – à l’organisation du Commissaire à la santé et au bien-être.

 

 

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