Montréal, 19 septembre 2017 – Organismes communautaires et chercheurs s’unissent dans la production d’un guide pour un usage éclairé des médicaments en santé mentale. Ils souhaitent pallier le manque d’informations reçues par les personnes qui consomment des médicaments psychotropes et prévenir les arrêts brusques et dangereux de médication.

Voilà quatre ans que le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ), l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ) et l’Équipe de Recherche et d’Action en Santé mentale et Culture (ÉRASME) œuvrent à réaliser ce guide basé sur une approche reconnue appelée Gestion autonome de la médication (GAM).

Le guide est ancré dans la réalité des personnes qui prennent une médication en santé mentale. Bien que ces dernières soient en nombre croissant, l’information qu’elles reçoivent sur leurs médicaments est déficiente et l’espace pour en parler dans le cabinet du médecin est famélique. Les personnes vivent des doutes, des incompréhensions, des effets secondaires, se sentent prises au piège de la médication, voire comme des cobayes.

Le guide offre l’encadrement requis pour canaliser ce que vivent les personnes. Il leur permet de s’interroger sur le rôle de la médication dans leur vie et d’établir des liens avec leur état de santé, leur environnement, leurs désirs, leurs besoins et le respect de leurs droits. S’ajoute l’acquisition de connaissances sur les médicaments consommés, y compris sur leurs effets bénéfiques et secondaires.

Les informations, les réflexions et les outils du guide amènent les personnes à faire des choix libres et éclairés concernant leur médication. Ce choix peut inclure la diminution ou l’arrêt de la médication, en ayant recours à une méthode progressive et sécuritaire de sevrage pour minimiser les effets de ce dernier. Cette méthode inclut la mise en place d’un solide plan d’action et l’accompagnement par des professionnels de la santé est recommandé.

Les raisons pour diminuer ou arrêter une médication sont vastes comme en témoignent différentes recherches. On pense ici aux effets secondaires incapacitants, au besoin de mieux ressentir ses émotions, à l’envie de se tourner vers des moyens alternatifs, etc.

Approche novatrice née au Québec en 1997, la Gestion autonome de la médication a fait ses preuves et est désormais implantée au Brésil, en Espagne et tout récemment, au Japon.

En 2002, une première version de ce guide personnel a vu le jour. Plus de 10 000 exemplaires ont été écoulés, majoritairement auprès de personnes consommant des médicaments psychiatriques, mais aussi de personnes intervenantes des milieux communautaires et du réseau.

Le guide 2017 est la refonte complète de la première édition. L’ouvrage pratique a été élaboré à partir de plusieurs sources de connaissances cumulées depuis plus de 20 ans : celles de nombreuses personnes qui ont pris ou qui prennent des médicaments psychotropes; celles d’organismes communautaires; celles des proches et des intervenants qui les accompagnent; et celles qui émanent de la recherche biomédicale et des sciences humaines et sociales.

Des projets de traduction en anglais, en portugais et en espagnol sont en cours.

La production de «Mon guide personnel : Gestion autonome de la médication en santé mentale» a bénéficié d’une subvention du ministère de la Santé et des Services sociaux. Le guide est gratuit pour les personnes à qui l’on a prescrit une médication en santé mentale et pour les organismes membres du RRASMQ et de l’AGIDD-SMQ. Le guide est vendu 5$ l’unité pour les autres organismes communautaires. Pour le public en général et les autres organisations, le coût est de 10 $. On peut le commander et le télécharger en ligne à l’adresse suivante : http://bit.ly/guideGAM

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