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Depuis maintenant trois ans, l'AGIDD-SMQ a initié et participe au «Comité Québec-Côte d'Ivoire en santé mentale», qui supporte le travail de l'Association St-Camille de Lellis en Côte d'Ivoire et qui est pris en charge par le Carrefour Canadien International...

 

Naissance du projet de solidarité 
entre la Côte d’Ivoire et le Québec

Au Québec, depuis plus d’un quart de siècle, des femmes et des hommes ont mis sur pied des organismes de promotion et de défense des droits des personnes psychiatrisées. Ces personnes, particulièrement celles qui ont des problèmes sévères de santé mentale, sont hautement vulnérables à toutes sortes d’abus et sévices. Suite à la Politique de santé mentale (1989), le Ministère de la Santé et des Services sociaux a subventionné des organismes régionaux de promotion et de défense des droits en santé mentale. Ceux-ci peuvent intervenir tant au niveau individuel que collectif ; ils se sont regroupés au sein d’un organisme provincial : l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ).

Suite à un séjour en France en mai 2000, quelques membres de ces organismes ont pu prendre connaissance du travail de l’Association St-Camille de Lellis en Côte d’Ivoire par l’entremise de conférences publiques de M. Grégoire Ahongbonon, leader de cette association. C’était la première fois qu’ils étaient confrontés aux terribles conditions de vies de personnes ayant un problème de santé mentale dans un pays africain. Ils ont aussi pu constater le travail de solidarité tant en Côte d’Ivoire qu’en provenance de pays européens. L’idée a alors germé de faire venir M. Ahongbonon au Québec afin que se concrétise une solidarité Québec/Côte d’Ivoire dans le domaine de la santé mentale. C’est dans ce contexte que Carrefour Canadien International (CCI - site internet : www.cciorg.ca/quebec) a été approché par l’AGIDD-SMQ.

Immédiatement, une alliance s’est créée puisque cela correspondait tout à fait à l’orientation de CCI qui cherche à impliquer des organismes communautaires québécois actifs dans un secteur spécifique avec des organismes similaires en Afrique ou en Amérique latine. Notre partenariat s’est révélé des plus fructueux. La venue de M. Ahongbonon, au printemps 2001, a été notre coup d’envoi. Celui-ci a fait des conférences publiques dans cinq régions du Québec ; il est également passé à l’émission « Le Point » à Radio-Canada. Nous avons ainsi pu saisir que l’Association St-Camille de Lellis, non seulement libère de leurs entraves les personnes dans les bois, mais cherche également à les réinsérer dans leur communauté. Grâce aux talents de communicateur de M. Ahongbonon et à l’aide de nombreux bénévoles, nous avons réussi à sensibiliser nombre d’institutions et de personnes.

Durant sa première année d’existence, le Comité de projet Solidarité Québec/Côte d’Ivoire en santé mentale a vu à l’envoi d’un container de médicaments grâce à la fructueuse implication de «Collaboration Santé Internationale», une O.N.G. de Québec, ainsi que la mise sur pied d’un projet d’envoi et d’accueil de volontaires pour les trois prochaines années. Les quatre premiers volontaires québécois sont partis à la fin de l’été et un deuxième volontaire ivoirien, M. Jean Tahoua Koffi, est présentement parmi nous. Des subventions présentées et obtenues auprès de la fondation Roncalli et au Ministère des Relations internationales ont permis le forage d’un puit à Nimbo et la construction à Bouaké d’un centre de réinsertion pour les femmes. Il s’agit d’un projet d’usine d’atiéké en collaboration avec ACTA, une ONG suisse. Le court séjour de M. Danny Pelletier en Côte d’Ivoire au début de l’année 2002 a été aussi fort utile dans la compréhension du travail de l’Association. Il a constaté sur place l’étendue des besoins ainsi que le rayonnement du travail de St-Camille.

Ce projet de partenariat constitue une première dans le domaine de la santé mentale au Québec et nous sommes fiers du travail accompli. À nous de continuer dans cette voie et de multiplier les engagements.

Texte de M. Paul Morin, coordinateur du Collectif de défense de droits de la Montérégie et membre du Comité Québec/Côte d’Ivoire en santé mentale

 

Présentation de l'Association St-Camille de Lellis

Située à Bouaké, en Côte d’Ivoire, l’Association Saint-Camille de Lellis a pour but de lutter contre l’exclusion des personnes et de servir les pauvres. Ses activités sont centrées sur les besoins des malades, des exclus, des prisonniers et, surtout, des personnes souffrant d’un problème de santé mentale. L’Association Saint-Camille, dont monsieur Grégoire Ahongbonon est responsable, prend en charge présentement plus de 1100 personnes souffrant d’un problème de santé mentale. Ce nombre augmente chaque jour d’autant plus que la réputation de l’Association va grandissante. Chaque jour, des personnes font appel à Grégoire et aux bénévoles pour qu’ils s’occupent de nouvelles personnes souffrant d’un problème de santé mentale. Ces gens sont souvent abandonnés dans la forêt, voire même attachés à un arbre pour qu’ils ne dérangent personne. Lorsque Grégoire et les bénévoles libèrent ces personnes de leurs liens, elles sont souvent dans un état de santé physique et psychologique lamentable. L’Association les accueille dans leur centre et leur offre d’abord des soins de santé primaires, un hébergement, de la nourriture, des médicaments pour les stabiliser et une chaleur humaine. 

Par la suite, selon l’évolution de leur état de santé, les personnes pourront être hébergées dans l’un des deux centres d’accueil que compte l’Association, où plus de 900 personnes y sont hébergées. Ceux qui en ont la capacité pourront plus tard travailler au sein de l’un des quatre centres de réhabilitation et de réinsertion qui accueillent présentement près de 200 personnes. Ces personnes seront ensuite réinsérées au sein de leur ville ou village d’origine et, idéalement, au sein de leur famille, après avoir été préalablement préparée et sensibilisée à accueillir leur fils ou leur fille.

Toutes les personnes qui visitent les différents centres de l’Association reconnaissent qu’on y fait un travail exceptionnel avec des moyens extrêmement limités.  Au-delà de la prise en charge immédiate, c’est l’approche au bénéficiaire qui distingue le travail de l’Association. Les gens sont traités avec respect et dignité et peuvent décider eux-mêmes de leur avenir.  Les bénéficiaires sont au cœur de tout ce qui se fait dans l’organisation et ils y sont actifs à tous les niveaux.

L’aide apportée à ces centaines de personnes constitue un miracle quotidien. Le principal défi de l’Association est de pouvoir fournir aux bénéficiaires les médicaments dont ils ont besoin. Ces médicaments sont très onéreux et constituent sans aucun doute, avec la nourriture, la principale dépense de l’Association.

 

Un don peut faire toute la différence...

Il y a eu de nombreuses réalisations dans le cadre du projet Santé Mentale en Côte d’Ivoire au cours des 12 derniers mois. Grâce au travail acharné du comité de projet et à la générosité de plus d’une centaine de donateurs, plus de 40 000 $ ont été recueillis pour le Fonds Québec-Côte d'Ivoire en santé mentale.

Nous avons accueilli M. Grégoire Ahongbonon pour une tournée québécoise de sensibilisation en mai 2001. Nous avons également accueilli des volontaires de l’Association St-Camille qui sont venus faire des stages de perfectionnement au sein d’organismes québécois qui œuvrent dans le domaine de la santé mentale. Un de ces volontaires est présentement au Québec : M. Jean Koffi Tahoua fait son stage au sein de deux organisations de réinsertion pour personnes ayant un problème de santé mentale. Ce volet est financé par le programme d’envoi de volontaire de l’ACDI.

En septembre dernier, nous avons envoyé quatre volontaires canadiens à Bouaké. Trois de ces volontaires avaient pour mandat d’assurer le formation des responsables des centres de réinsertion de l’Association St-Camille, l’autre volontaire devait assurer la formation du personnel et des bénéficiaires au niveau des technologies de l’information. Ce volet est également financé par le programme d’envoi de volontaire de l’ACDI. Malheureusement, les volontaires ont été rapatriés rapidement à cause du conflit interne et de l’insécurité qui régnait à Bouaké .

La construction d’un Centre de réinsertion des Femmes, qui comprend un centre d’accueil, un atelier d’atiéké, une clinique médicale et un centre de formation des femmes pour la gestion du centre et la production d’atiéké, a été réalisée en collaboration avec La Coopération Suisse et le Ministère des Relations Internationales.

Également, un volet d’achat de médicaments pour l’Association a été réalisé, financé par le Fonds de Solidarité Québec-Afrique en Santé mentale, ainsi que le forage d’un puit pour le Centre d’accueil de Nimbo, qui a été financé par le fonds Québec-Afrique et une fondation privée.

En juillet 2002, l’évaluation du potentiel agricole des différents centres de réinsertion a été faite par un consultant externe afin d’élaborer un projet qui permettra d’augmenter l’autonomie financière de l’Association par l’agriculture.

Malgré le contexte actuel à Bouaké et en Côte d’Ivoire, CCI et ses partenaires sont déterminés à poursuivre le travail d’appui à l’Association St-Camille. Il est prévu de faire revenir au Québec M. Ahongbonon afin de renforcer le partenariat entre l’AGIDD-SMQ et l’Association St-Camille. Nous espérons que vous serez en mesure d’appuyer l’Association St-Camille pour la réalisation de travaux essentiels à venir.

 

Texte de Yves Rouzou, Volontaire pour le Carrefour Canadien International, «Visite à l’Association St-Camille, Bouaké, en Côte d’Ivoire, le 18 septembre 2002»

Texte de Jean-Bernard Gariépy, Volontaire Cyberjeunes pour le Carrefour Canadien International, «Un as de l’informatique à Saint-Camille ?»

Entrevue avec M. Jean Koffi, bénévole de l’Association St-Camille de Lellis

Entrevue avec M. Christian Attoungbré, bénévole de l’Association Saint-Camille de Lellis

 

 

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