Le 10 novembre dernier, le gouvernement faisait adopter le projet de loi 70, qui représente un recul majeur pour les droits des personnes assistées sociales. Dorénavant, les personnes qui feront une première demande d’aide sociale devront obligatoirement participer au nouveau programme Objectif emploi et répondre à ses exigences d’une façon jugée satisfaisante.

Sans cela, elles pourraient voir leur prestation retenue ou coupée d’un montant pouvant aller jusqu’à 224 $ si le scénario évoqué par le ministre François Blais se confirme dans le nouveau Règlement sur l’aide aux personnes et aux familles lequel se fait toujours attendre.

C’est indécent de retenir ou de couper le seul revenu dont dispose une personne. C’est une atteinte grave aux droits humains! Très mauvais pour la santé mentale, on en convient!

Pour que le droit à la santé soit une réalité, les États doivent créer des conditions permettant à chacun de jouir du meilleur état de santé possible.

Nous avons honte de ce gouvernement qui appauvrira des centaines, voire des milliers de prestataires. 628 $ par mois, ça ne se coupe pas! 628 $ par mois, ça ne permet déjà pas de couvrir la moitié des besoins de base.

Depuis le début, nous dénonçons le projet de loi 70 et son approche coercitive à l’égard des personnes assistées sociales, tout comme l’ont fait la Protectrice du citoyen, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, toutes les centrales syndicales québécoises, 300 personnes enseignantes et chargées de cours universitaires, une multitude d’organisations du mouvement des femmes et du mouvement communautaire, etc.

C’est pourquoi nous nous joindrons à la Coalition Objectif dignité et au Front commun des personnes assistées sociales du Québec, le 10 mai, pour manifester dans le cadre de la Semaine de la dignité des personnes assistées sociales.

Nous dirons haut et fort que c’est d’un véritable effort de redistribution de la richesse dont nous avons besoin. Nous voulons vivre dans la dignité, pas juste survivre! Un revenu décent, c’est un droit!

Doris Provencher, directrice générale de l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ)